NPA 69
  • Tribune "G7 à Évian : sommet sous cloche, mouvement populaire entravé"

    27 mai 2026

    Nous, signataires de cette tribune, soutenons les mobilisations contre le G7 et exigeons le respect des droits démocratiques, notamment la liberté de manifester et d’organiser un contre-sommet.
    En juin 2026, le sommet du G7 se tiendra à Évian dans un dispositif de sécurité exceptionnel. Du côté français, plusieurs avancées ont néanmoins été obtenues grâce à la mobilisation desi organisations engagées. Un village militant ainsi qu’une manifestation ont finalement été autorisés. Pour autant, le dispositif sécuritaire annoncé reste marqué par une logique généralisée de contrôle de l’espace public, faisant peser une pression constante sur les militant·es, les habitant·es et l’ensemble des participant·es aux mobilisations.
    En 2019, à Hendaye - Irun plus de 90 organisations avaient construit un contre-sommet. En 2026, cette dynamique est délibérément empêchée : restrictions de circulation, interdictions de manifester, quadrillage policier des territoires, des deux côtés de la frontière franco-suisse. Tout est organisé méthodiquement pour étouffer la contestation.
    À Genève, les autorités ont d’abord annoncé l’interdiction du village militant organisé par la coalition No-G7 avant de reculer face à la pression de la mobilisation. À ce jour, la manifestation du 14 juin contre le G7 et pour la Grève Féministe est toujours menacée. Cette tentative de verrouillage n’est pas un accident : elle révèle une dérive autoritaire où la démocratie devient conditionnelle dès lors que l’ordre établi est contesté. Nous devons constamment lutter pour faire respecter les libertés d’expression, de réunion et de manifestation.

    Que défend le G7 et son monde ?
    Ce club fermé de puissances économiques (États-Unis, Canada, Japon, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni) est
    historiquement structuré pour maintenir un ordre mondial profondément inégalitaire.
    Malgré des discours sur la lutte contre les inégalités ou la transition écologique, leurs politiques poursuivent les logiques : austérité, dérégulation, soutien aux multinationales.
    Ce modèle se traduit aussi dans le monde du travail. Les droits des travailleur·euses sont fragilisés et la santé sacrifiée au nom de la rentabilité. Accidents, maladies professionnelles, exposition aux toxiques : partout, ce sont les corps qui paient !
    Les États du G7 alimentent les logiques de guerre et de militarisation. Premiers exportateurs d’armes, ils participent à des conflits qui ravagent des populations entières. Derrière les discours sur la paix, ils produisent des destructions, des déplacements forcés et des crimes contre les peuples.
    Le G7 est aussi l’un des moteurs du durcissement politique en cours : montée des logiques autoritaires, progression des extrêmes droites, criminalisation des mouvements sociaux, multiplication des violences racistes. Les droits des femmes et des minorités de genre reculent, dans un climat de violences et de discriminations accrues.
    Derrière la thématique "minerais critiques", au cœur du sommet, se cache l’accélération de l’extractivisme dans les pays du Sud Global. Proposées comme des "partenariats", ces initiatives de sécurisation des ressources ont comme conséquences la destruction des écosystèmes, l’accaparement des terres, des violations des droits humains et autochtones, des conflits alimentés par la course aux "ressources". De la République démocratique du Congo à l’Amérique latine, en passant par le Groenland, les peuples et la biodiversité en paient le prix.
    Le cynisme est total : ceux qui alimentent les crises s’estiment être les gestionnaires légitimes, en empêchant l’émergence d’alternatives.

    Nous refusons ce huis clos !
    Nous refusons que l’avenir du monde soit décidé par quelques dirigeants, à l’écart des populations qui le produisent et le font vivre !
    Nous refusons un modèle fondé sur la prédation, la domination économique, les guerres et la négation de la souveraineté des peuples !
    Nous exigeons que les mouvements sociaux puissent s’exprimer et se mobiliser librement dans l’espace public, en France comme en Suisse.
    En 2019, nous étions des milliers à faire entendre nos voix. En 2026, on tente de nous faire taire.
    Face aux incendiaires de la planète, nous continuerons à organiser la riposte.
    Non au G7 et à son monde.

    Premières signatures

    Responsables et porte-paroles d’organisations
    Raphaël Pradeau, porte-parole d’ATTAC France Youlie Yamamoto, porte-parole d’ATTAC France
    Sandrine Monnier, co-secrétaire générale du FSU-SNUipp Aurélie Gagné, co-secrétaire générale du FSU-SNUipp Nicolas Wallet, co-secrétaire général du FSU-SNUipp Antoine Vigot, FSU secteur International
    Julie Ferrua, co-déléguée de l’Union syndicale Solidaires Murielle Guilbert, co-déléguée de l’Union syndicale Solidaires Éric Toussaint, porte-parole du CADTM international Christine Poupin, porte-parole du NPA-A
    Philippe Poutou, porte-parole du NPA-A Olivier Besancenot, porte-parole du NPA-A
    Françoise Nyffeler, porte-parole de la Grève Féministe Genève, militante NOG7
    Juan Tortosa, porte-parole du CADTM Suisse, militant NOG7 et BreakFree Suisse
    Fabien Cohen, secrétaire général de France Amérique Latine Hadjia Djebbari, coordinatrice du People’s Health Movement France
    Perrine Olff-Rastegar, porte-parole du Collectif judéo-arabe et citoyen pour
    la paix
    Marjorie Keters, co-porte-parole de PEPS Lahsen Zbayar, président de l’ASIP
    Lana Sadeq, présidente de Forum Palestine Citoyenneté Lilay, présidente de DSAVEC
    Monique Dental, présidente fondatrice du Réseau féministe Ruptures Scarlett, coordinatrice de Dette pour le climat
    Rabia Ferroukhi, coordinatrice internationale Global Sumud Flotilla Christian Eyschen, secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée

    Syndicalistes, élu·es, chercheur·ses, personnalités et militant·es

    Abdourahman Waberi, écrivain djiboutien
    Jean-François Coulomme, député de la Savoie, LFI
    Annie Lahmer, conseillère régionale d’Île-de-France, Les Écologistes Pouria Amirshahi, député de Paris
    Béatrice Bellay, députée de la Martinique
    Jean-Marie Harribey, économiste, ancien co-président d’ATTAC France Mathieu Rigouste, sociologue et essayiste
    Mehdi Khamassi, directeur de recherche au CNRS Philippe Cinquin, chercheur au CNRS
    Stavo Debauge, sociologue et chercheur
    Pierre Maison, Confédération paysanne, Via Campesina Véronique Léon, paysanne, Confédération paysanne Sylvain Goldstein, responsable international CGT 93
    Hervé Christofol, membre du bureau national du SNESUP-FSU et du CA d’ATTAC France
    Cem Yoldas, militant antifasciste, ex jeune garde Teo Frei, solidaritéS Genève
    Régis Huyet, Lyannaj Kont Pwofitasyon, Martinique Yves Frémion, écrivain
    Claire Colombat, Greenpeace
    Djahida Legrand, Agir pour la Palestine
    Jane-Léonie Bellay, administratrice d’ATTAC France Patricia Pol, administratrice d’ATTAC France Emmanuelle Bourgeois, administratrice d’ATTAC France Nicolas Matysiak, administrateur d’ATTAC France Christine Pagnoulle, ATTAC Liège
    Karelle Lecourtois, co-secrétaire FSU 74 Thomas Prabonnaud, co-secrétaire FSU 74
    Emmanuelle Jollet, co-secrétaire départementale FSU 75 Marie-Hélène Plard, FSU 93
    Laurenson, représentante syndicale SNETAP-FSU Raphaël Giromini, NPA-A
    Elsa Chevalier, NPA-A
    Fabienne Finck, LDH, NPA-A Odile Martin-Cocher, LFI Chablais Pierre Gilibert, LFI Haute-Savoie
    Max Dorleans, Groupe Révolution Socialiste Martinique Rébecca Rogly, Observatoire Terre-Monde
    Maxime Mazouth-Laurol, Fresque de l’économie dette Michelle Lecolle, PEPS
    Dominique Hanikenne, Radio Revers, CAP Liège Métropole Josiane Olff-Nathan, GERSULP Strasbourg
    Saléha Benabdelmoumène, APEL-Égalité
    Vladimir Nieddu, People’s Health Movement Nord de France Jacqueline Madrennes, conseillère métropolitaine
    Thibault Cusin, Debout 74
    Richard Neuville, militant altermondialiste et de l’autogestion Odile Maurin, activiste antivalidiste
    Claire Billès, enseignante
    Leïla Petit, enseignante spécialisée
    J. Coudray, enseignant
    Di Ubaldo, éducateur spécialisé Lise Bouzidi, militante associative Valérie Giraldé
    Hélène Denis-Jean

    Organisations signataires
    (par ordre alphabétique) ActionAid France
    Agir pour la Palestine ATTAC France
    ATTAC Savoie ATTAC 74
    BreakFree Suisse CADTM Suisse
    CGT AURA Comité régional CliMates France
    CNT Santé Social Éducation 73-74 CNT-f Interco 73-74
    Collectif citoyen JOP 2030
    Collectif décolonial pour la Palestine Strasbourg Confédération paysanne
    Confédération paysanne 74 CUAE – Université de Genève Dette pour le climat
    DSAVEC
    Fédération anarchiste 74
    FSU 26
    FSU 73
    FSU 74
    FSU-SNUipp FSU-SNUipp 74
    Global Sumud France
    Groupe internationaliste de solidaritéS Genève La France insoumise
    La France insoumise Suisse romande
    Les Écologistes Rhône-Alpes Pays de Savoie Les Écologistes Haute-Savoie
    MAN
    NPA – L’Anticapitaliste NPA-A 25
    People’s Health Movement France SNETAP-FSU
    SNETAP-FSU AURA
    Solidaires 74 Solidaires étudiant·es solidaritéS Genève
    Stop Arming Israel Lyon
    Union départementale CGT 74 Union juive française pour la paix Union syndicale Solidaires
    Union syndicale Solidaires Haute-Savoie URC
    VISA 74
    Vous n’êtes pas seuls (VPNS)