Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), particulièrement résistantes à l’eau, sont produites chimiquement pour intégrer des ustensiles de cuisine, des vêtements imperméables, des mousses, ...
Communiqué du Collectif « PFAS contre Terre" sortis début août 2026
"PFAS contre Terre est avec Notre Affaire à Tous à Daikin Chemical France
Le collectif PFAS contre Terre a, rencontré (non sans hésitations initiales par crainte de servir de caution) Gaël Marseille, président de Daikin Chemical France, et cela sur invitation de ce dernier, pour un échange informatif autour du projet de nouvelle production de PFAS (appelé "grade BRE"), qui introduira un nouveau monomère dans la production : le R1234YF, en remplacement partiel de l’HFP (hexafluoropropylène).
Nous avons d’abord reçu des explications sur ce projet puis avons fait part de nos interrogations et de notre regret que le document "porté à connaissance" de l’étude de dangers et de risques sanitaires ne nous ait pas été communiqué en amont dans les pièces transmises malgré notre demande. Monsieur Marseille nous a indiqué que la communication de ces pièces devait intervenir "durant l’été" suite à instruction par les services préfectoraux : nous les attendons avec impatience.
Avec cette nouvelle production va s’ajouter une nouvelle molécule, gaz fluoré appartenant à la famille des PFAS : le R1234YF (gaz réfrigérant de type HFO ou hydrofluoroléfine).
L’industriel nous a présenté les avantages, selon lui, de ce gaz fluoré qui ne serait pas bioaccumulable et assorti d’un système de filtration : pour mémoire ce système de filtration au charbon actif avait été installé sur le site de Daikin à Pierre-Bénite sur prescription préfectorale en octobre 2024 suite à un recours en référé-suspension au Tribunal administratif de Lyon auquel PFAS contre Terre, avec les associations Bien Vivre à Pierre-Bénite et Notre Affaire à Tous, avait, notamment, participé.
Nous sommes très inquiets de la dégradation en TFA (Acide TriFluroAcétique) de cette substance. Dégradation atmosphérique bien documentée et que ne nie pas Daikin Chemical France.
La nouvelle substance ne semble pas présenter de toxicité connue à ce jour mais est classée "extrêmement inflammable". En revanche, ce TFA-présent dans 92% des eaux en France d’après Générations Futures et donc très préoccupant en ce qui concerne la pollution des eaux destinées à la consommation humaine-est désormais classé comme toxique sur la reproduction suspecté par l’Agence Européenne des produits chimiques (ECHA).
La décision de la Préfecture du Rhône-de concert avec les arguments de Daikin Chemical France-de ne pas effectuer d’évaluation environnementale, pour la raison qu’il ne s’agirait pas d’une "modification substantielle", est encore une fois une occasion ratée de transparence de la part des autorités publiques censées protéger la santé des populations. Or la situation environnementale à Oullins-Pierre-Bénite est déjà très dégradée.
Nous regrettons beaucoup que "l’effet cocktail" sur la santé humaine-prenant en compte les effets cumulés sur la santé des pollutions historiques et différentes pollutions actuelles-ne soit pas étudié sérieusement dans le sens des recommandations formulées dans le rapport PFAS de l’Académie des sciences de mars 2025.
Devant de telles problématiques "il n’y a pas d’alternative" autre qu’une perspective de sortie intégrale, planifiée, organisée et non dérogatoire des PFAS associant la recherche publique et la R&D préservant des emplois de haut niveau social et de qualification dans le cadre de la transition écologique car la production doit garantir la santé environnementale et au travail.
L’Institut éco-citoyen du territoire lyonnais (IECTL), pour lequel PFAS contre Terre est pleinement associé, constituera un outil en ce sens en produisant de la connaissance et en rassemblant tous les acteurs. Nous avons d’ailleurs invité Gaël Marseille à s’ouvrir favorablement au sujet de l’IECTL.
Le collectif PFAS contre Terre acte, sans surprise, un dissensus avec Daikin Chemical France, demeurera très vigilant et ne s’interdira aucune voie légale. Il reconnaît néanmoins cet exercice de dialogue, suffisamment rare chez les industriels pour être souligné. Il réitère auprès de la Préfecture du Rhône la nécessité, pour les populations riveraines, d’une étude d’impact environnemental."