Communiqué de presse de l’Association Sortir du Nucléaire Bugey
"Depuis quelques mois des voix s’élèvent pour demander l’arrêt des énergies renouvelables et plus particulièrement celles intermittentes comme l’électricité photovoltaïque et l’électricité éolienne.
L’amendement pour un moratoire des énergies renouvelables voté par les députés du PR et du RN n’en est que l’aboutissement.
Pourtant depuis plusieurs années, on nous vante le mix énergétique "nucléaire - renouvelables" comme la meilleure solution. M. Macron à Belfort, le 10 février 2022, ne disait-il pas : "Et la clé pour produire cette électricité de manière la plus décarbonée, la plus sûre, la plus souveraine est justement, d’avoir une stratégie plurielle, celle que nous avons choisi sur la base de ces travaux et de développer tout à la fois les énergies renouvelables et le nucléaire."
La réalité est qu’avec un développement important des énergies électriques photovoltaïques et éoliennes, l’énergie nucléaire devra avoir un fonctionnement très fluctuant pour laisser la place à ces énergies renouvelables. Or les réacteurs nucléaires actuels et nouveaux sont pilotables mais avec de fortes contraintes (maxi deux baisses partielles de puissance par jour). Ceci fragilise les gaines de combustible et les cuves du réacteur, augmente les besoins de maintenance et accroît les rejets d’effluents radioactifs et chimiques. À cela s’ajoutent les contraintes économiques. Avec beaucoup d’énergies renouvelables, le facteur de charge du parc nucléaire sera inférieur à 50 %.
La conséquence sera donc, peu de MWh nucléaire produits et vendus, d’où de très grandes difficultés pour rentabiliser ces réacteurs nucléaires qui coûtent cher à construire (EPR et EPR2) et à entretenir (grand carénage).
Il apparaît donc clairement qu’en conservant un parc nucléaire, la France ne pourra pas développer massivement les énergies renouvelables, alors, qu’à l’inverse, en arrêtant l’énergie nucléaire, la France pourrait fonctionner en 2050 avec un mix 100 % énergies renouvelables.
Notre pays ne peut pas passer à côté de la dynamique mondiale des énergies renouvelables en s’arc-boutant sur une énergie nucléaire complexe, polluante et dangereuse avec en plus des déchets à gérer sur des milliers d’année et un combustible (l’uranium) à importer en totalité.
Notre association demande une politique énergétique allant vers le 100 % énergies renouvelables, sans nucléaire.
Il faut un développement massif de la sobriété énergétique et des économies d’énergie, dont les rénovations thermiques d’ampleur alors que le gouvernement suspend actuellement les aides.
Pour répondre à l’intermittence de l’électricité photovoltaïque et éolienne, développons massivement des moyens de stockage, optimisons la gestion des moyens de production et des réseaux électriques, ne misons pas tout sur l’électricité et, en dernier recours utilisons quelques turbines à gaz peu coûteuses à construire et plus réactives, sachant qu’elles seront peu sollicitées et, qu’à terme, elles seront alimentées par des gaz renouvelables.
Non au moratoire des énergies renouvelables, non aux EPR2 à Bugey et ailleurs et oui à une politique énergétique volontariste 100 % énergies renouvelables. C’est l’avenir de notre pays qui se joue actuellement. Mobilisons nous !"
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