18 janvier 2026A Lyon, les associations Jamais Sans « Toit et Solidarité Femmes à la rue 69 ainsi que la CGT Ville de Lyon dénoncent les expulsions à répétition de locaux inoccupés ou libres la nuit (notamment les gymnases et les écoles).
Nous rappelons que l’Etat a l’obligation de mettre à disposition des hébergements d’urgence à toute personne sans abri, notamment via le numéro 115. Cette obligation n’est pas respectée et les personnes à la rue se voient obligées de trouver des solutions elles-mêmes.
Face à cette situation, le gouvernement a une seule réponse : l’expulsion. Elles sont de plus en plus fréquentes, les occupantEs de plus en plus considéréEs comme des indésirables, les forces de l’ordre de plus en plus violentes.
La CGT Ville de Lyon rappelle que, en 2021 "18 000 logements étaient non occupés depuis au moins deux ans dans la Métropole de Lyon !"
Voici les derniers communiqués des associations en question, qui font le point sur la situation actuelle :
15/12/2025 - Jamais Sans Toit, disponible ici :
« Dans la seule ville de Lyon, 17 écoles sont aujourd’hui occupées afin d’héberger 65 enfants, soit plus d’un tiers des 184 enfants sans domicile recensés par @jamaissanstoit sur le territoire communal.
En l’espace de quatre ans, la durée moyenne d’occupation des écoles à Lyon est passée de 18 jours à 10 mois et demi, témoignant de l’institutionnalisation d’une forme de dispositif d’extrême urgence pensée à l’origine comme temporaire.
Actuellement, 42 personnes, dont 29 enfants, sont hébergées depuis plus d’un an dans 12 établissements scolaires : les écoles Michel Servet (1er), Nové Josserand et Meynis (3e), Gerson et La Sarra (5e), JP Veyet, Frida Kahlo et Marc Bloch (7e), Laborde, La Gare d’Eau, Audrey Hepburn, ainsi que le collège Jean de Verrazane (9e).
Si l’on considère que le coût moyen d’un hébergement d’urgence de droit commun s’élève à 31 euros par personne et par jour, les mises à l’abri citoyennes de ces 42 personnes ont permis à l’État d’économiser plus de 520 000 euros.
Par ailleurs, les comités de soutien de ces 11 établissements ont engagé plus de 38 000 euros pour financer des nuitées d’hôtel durant les week-ends et les périodes de vacances scolaires.
Le désengagement de l’État ne saurait être imputé à la seule instabilité gouvernementale. En tout état de cause, il est inacceptable que l’État se défausse de ses responsabilités en laissant les citoyens seuls en première ligne face à la misère.
Les occupations d’écoles n’ont jamais eu vocation à s’inscrire dans la durée ni à pallier l’incurie des pouvoirs publics. Les locaux scolaires ne sont pas adaptés à une vie familiale : la promiscuité et la précarité des conditions d’accueil portent atteinte à la dignité des personnes et au respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. »
06/01/2026 - SOLIDARITÉ FEMMES À LA RUE 69, disponible ici :
« Depuis le 30 décembre, la préfecture du Rhône a déclenché le plan “grand froid” : deux gymnases ouverts pour abriter deux centaines de personnes.
Pour y dormir une nuit, on doit appeler le 115 tous les jours en espérant qu’il y reste une place, alors qu’au moins 3000 personnes dorment dehors dans la métropole. Dans les gymnases, il fait très froid, il n’y a pas d’intimité, c’est mixte, mais c’est mieux que la rue.
Certaines femmes de notre collectif n’ont pas eu de places et survivent en dormant chez des gens quand elles peuvent ou dans des cages d’escaliers.
Sans parler des jeunes mineurs isolés dormant au jardin des Chartreux qui n’avaient pas assez de place dans ces gymnases, et les familles mobilisées avec Jamais Sans Toit remises à la rue cette semaine !
Comme chaque année, les pouvoirs publics ne se rappellent des personnes à la rue que deux fois par an : pendant les périodes de canicule ou de grand froid… et peut être aussi pendant les campagnes électorales.
Mais il n’y a pas de bonnes températures pour vivre dehors. Quelle que soit la saison, vivre à la rue tue.
On ne vit pas à la rue par accident, mais à cause du manque de places d’hébergement et de logements sociaux, du prix des loyers, des politiques antisociales, racistes et sexistes, comme les lois anti-squat ou la loi immigration 2024.
Les pouvoirs locaux ont aussi leur responsabilité dans la crise organisée du logement et la répression des personnes à la rue.
Depuis notre première occupation victorieuse du gymnase Bellecombe, les mairies de Lyon et de Villeurbanne ont systématiquement expulsé les occupations de gymnases par des collectifs. La plupart des squats de Lyon ont aussi été expulsés sans relogement.
Des places d’hébergement sont constamment supprimées, comme la Villette d’or ou le foyer l’Etincelle fermée par la mairie de Lyon il y a quelques mois, ou le village mobile de Rillieux-la-Pape que la préfecture a arrêté de financer et fermé depuis le 31 décembre.
A l’inverse des sommes colossales sont dépensées pour sécuriser les bâtiments vides avec des portes blindés, des caméras et des entreprises de sécurité privées.
Deux gymnases ce n’est pas une réponse suffisante ou satisfaisante face à cette situation politique.
On rappelle que la préfecture et la mairie ont un pouvoir légal de réquisition des logements vides (au moins 17 000 dans la métropole) pour mettre à l’abri les personnes à la rue. En attendant, les équipements municipaux (gymnases, salles communales...) doivent être ouverts pour que personne ne dorme dehors.
NOUS DEMANDONS :
– Une politique de mise à l’abri immédiate pour toustes les personnes à la rue par tous les moyens possibles
– le droit à un logement décent pour toustes, quelle que soit la situation financière ou administrative
– la régularisation de toustes les sans-papiers !
UN TOIT C’EST UN DROIT ! »
09/01/2026 - Jamais Sans Toit, disponible ici :
« Ce soir, le collectif Jamais Sans Toit occupe une école désaffectée du parc Blandan (#Lyon 7e) afin de mettre à l’abri 27 familles sans solution d’hébergement. Cette occupation n’est pas un choix : c’est la seule option qui restait.
Cette action intervient alors que le plan grand froid est officiellement activé à Lyon. Malgré ce dispositif censé protéger les plus vulnérables, la plupart des familles sans toit que nous accompagnons restent sans prise en charge et n’ont pas pu bénéficier d’une nuit au gymnase Rosset, faute de place. Dans ce contexte glacial, laisser des familles et des enfants sans solution d’hébergement est irresponsable et dangereux. Ce décalage entre les annonces et la réalité est inquiétant.
Au total, plus de 80 enfants, ont trouvé refuge dans ce bâtiment. Jusqu’à aujourd’hui, faute de solutions proposées par les pouvoirs publics, ces familles étaient hébergées par le collectif dans les établissements scolaires de leurs enfants, souvent depuis plus d’un an. Cette situation a assez duré. Les écoles ne sont pas des centres d’hébergement.
Nous demandons à la @villedelyon d’abandonner la vente de ce bâtiment et de le mettre à la disposition du collectif. Il est incompréhensible pour les Lyonnaises et les Lyonnais que des bâtiments publics restent vides ou soient vendus pendant que des enfants dorment dehors sous des températures négatives. Nous nous engageons à assurer une occupation responsable du site, dans l’attente de solutions pérennes.
Nous demandons à la @prefet_69 de financer un accompagnement social permettant le suivi des familles et la gestion du site, le temps que des solutions dignes, stables et pérennes soient trouvées pour chaque famille.
Face au froid, nous agissons ; aux pouvoirs publics de prendre enfin le relais. »
15/01/2026 - SOLIDARITÉ FEMMES À LA RUE 69, disponible ici :
« La préfecture du Rhône a déclenché le plan « grand froid » le 30 décembre : deux gymnases ouverts pour abriter deux centaines de personnes pour 3000 personnes à la rue. C’est déjà fini.
Repos de courte durée. Les rares personnes qui y avaient eu accès, à condition d’appeler le 115 chaque jour et d’accepter la non-mixité y ont dormi seulement quelques nuits et pas tous les soirs.
Les températures remontent et bam, c’est fini.
Depuis la fin de la semaine dernière, les collectifs s’organisent face à l’abandon des pouvoirs publics.
Jamais sans Toit et les familles ont occupé une école vide dans le parc Blandan vendredi.
Ce mardi, des collectifs de droit au logement et à l’hébergement sont allés interpeller la mairie concernant le mal logement dans la métropole.
Les jeunes mineurs isolés dormant au jardin des Chartreux qui n’avaient pas assez de place dans ces gymnases et qui ont été remis à la rue également ont occupé un bâtiment vide à la Croix-Rousse. Ils ont été expulsé également.
Trop, c’est trop !
On ne veut plus de l’hébergement au thermomètre ! Un jour oui, un jour non, à quelques degrés près !
Les pouvoirs publics laissent les gens exposés à tous les dangers et à toutes les souffrances. S’ils ne sont pas capables de nous mettre à l’abri, une seule solution, RÉQUISITION.
Venez soutenir l’occupation du gymnase Mazenod ! On lâche rien tant qu’il y a des personnes à la rue.
NOUS DEMANDONS :
– Une politique de mise à l’abri immédiate pour toutes les personnes à la rue par tous les moyens possibles
– Pas d’expulsion sans relogement
– Le droit à un logement décent pour toustes, quelle que soit la situation financière ou administrative
– La régularisation de toustes les sans-papiers !
UN TOIT C’EST UN DROIT !"