NPA 69
  • Contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, rassemblement lundi 7 septembre à Lyon

    4 septembre 2026

    Le 7 septembre 2026, de 19h à 20h, Hôtel de Ville, côté Opéra, le Collectif Enfantiste propose une reprise de la mobilisation contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) sur mineurs, dans la continuité des rassemblements organisés au mois de juin.
    Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique d’appel national, avec la volonté de reconduire des rassemblements chaque lundi du mois de septembre, afin d’inscrire la mobilisation dans la durée et de maintenir une visibilité collective autour de la question des VSS sur mineurs.
    Le Collectif Enfantiste a souhaité faire évoluer le lieu du rassemblement. Les précédents rassemblements devant le tribunal de Lyon portaient une symbolique davantage associée à une approche judiciaire et carcérale de la question.
    Le Collectif Enfantiste souhaite désormais mettre davantage en avant une dimension politique et collective, en investissant un lieu symbolique comme l’Hôtel de Ville.
    Ce changement répond également à la volonté de bénéficier d’un lieu plus fréquenté et plus visible, avec l’objectif de toucher davantage de personnes et de favoriser une mobilisation plus importante.
    Le Collectif Droits des Femmes s’associe à ce rassemblement.

    Le point de vue du NPA :

    L’impensé de la domination des enfants

    Chaque année, il y a en France plus de 114 000 mineurEs victimes de violences physiques et plus de 160 000 enfants victimes de violences sexuelles. Dans 8 cas sur 10, elles sont commises par un membre de la famille ou par un proche. En 2022, 60 enfants sont morts sous les coups dans leur cadre familial.

    Un phénomène massif et structurel
    Ces chiffres, sous-estimés, signalent un phénomène massif, loin de l’image du prédateur isolé et « monstrueux ». Les révélations sur des établissements scolaires, des clubs, des structures périscolaires ou des institutions religieuses confirment que ces violences sont structurelles.
    Lorsque l’enfant parle, il se heurte souvent au déni. Sa parole est présumée influençable et mensongère. Ainsi, des alertes précèdent souvent les drames ; mais elles sont minimisées ou niées. L’omerta et l’impunité sont au cœur du système de domination adultiste, dans lequel les adultes disposent d’une autorité considérée comme naturelle et absolue sur les enfants.

    Un système adultiste
    Les actes les plus graves ne naissent pas de rien : il y a un continuum entre les différentes formes de violence. Partout, c’est la même logique qui considère les enfants comme des objets ou des êtres inférieurs en dignité. La « dépendance » des enfants est utilisée pour justifier le contrôle et la violence des adultes.
    C’est le même système qui tolère les violences éducatives ordinaires et qui produit les agressions physiques et sexuelles contre les enfants, l’exploitation sexuelle de plus de 11 000 mineures, les violences meurtrières contre les enfants racisés, qui fait dormir des enfants dans la rue avec 40 °C, qui place des enfants dans des hôtels pendant des mois, qui exclut les enfants handicapés et malades de l’éducation, qui les place en centre de rétention administrative…

    Prévenir plutôt que pleurer
    Il y a urgence à une véritable politique contre les violences. Cela suppose des moyens massifs pour la protection de l’enfance, une justice capable de traiter les signalements, des professionnelLEs forméEs, une éducation au consentement et aux droits des enfants, ainsi qu’une culture qui apprenne aux adultes à écouter. Cela suppose aussi de respecter les droits de tous les enfants : mineurEs isoléEs, enfants handicapés, migrants, racisés.
    Tant que les violences faites aux enfants seront perçues comme des drames isolés plutôt que comme le produit d’un ordre social qui naturalise leur domination, nous continuerons à pleurer après coup ce que nous refusons de prévenir.